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FOURRURE D’ASIE OU D’AILLEURS

Des enquêteurs de la Société suisse de protection des animaux (PSA) et de East International ont visité de nombreuses fermes de la province de Hebei. Le nombre d’animaux détenus dans ces lieux varie entre 50 et 6 000. Ce rapport est basé sur des recherches menées en 2004 et en janvier 2005. Il fournit des informations inédites sur l’industrie chinoise de la fourrure, décrit et documente ses pratiques d’élevage et d’abattage. Il situe la Chine dans un contexte global, démontrant que ce pays est le premier exportateur mondial de vêtements de fourrure, ce qui implique des liens directs avec l’Union Européenne et les Etats-Unis. Ce rapport s’achève avec d’urgentes recommandations s’adressant aux responsables politiques, aux revendeurs, aux stylistes ainsi qu’aux consommateurs.

Pendant au moins dix ans, l’industrie internationale de la fourrure a financé et coordonné une vaste campagne ayant pour but de dissiper la honte et la mauvaise image rattachées au port de la fourrure. Le mélange de la fourrure avec la soie, la laine, le suède et le cuir, l’emploi de nouvelles techniques comme l’assemblage et le découpage ainsi que de nouvelles couleurs à la mode ont ajouté nouveauté et variété à la fourrure. Le marché de la fourrure, sans cesse croissant, a presque imperceptiblement ramené la fourrure dans nos rues, notamment sous la forme d’accessoires, de vêtements et de chaussures ornés de garnitures de fourrure (que l’on retrouve le plus souvent sur les cols, les écharpes, les capuchons…). Ciblant un public de plus en plus jeune et de plus en plus branché, la fourrure est maintenant incorporée aux vêtements de sport, aux tenues de soirée et de haute couture, sans oublier les vêtements de prêt-à-porter produits en masse et abordables pour tous.

À l’échelle mondiale, les ventes de fourrure ont totalisé quelques 11 milliards de dollars US en 2001-2002. L’Union Européenne, qui est la plus grande consommatrice de fourrure, a vu ses ventes augmenter de façon spectaculaire dès le milieu des années 1990. En 2002-2003, les revenus des ventes de produits en fourrure au sein de l’UE ont été estimés à 4,525 millions de dollars US. .

Quatre-vingt-cinq pour cent de la fourrure mondiale provient des fermes d’élevage. La Chine, membre de l’International Fur Trade Federation (IFTF), est la plus grande exportatrice de vêtements de fourrure et, selon les sources de l’industrie, le plus grand pôle de production et de traitement au monde. Entre 25 % et 30 % des fourrures de ce pays proviennent d’animaux sauvages tandis que 70 % à 75 % d’entre elles proviennent d’animaux maintenus en captivité. La Chine est également un des rares pays au monde à ne pas être doté de lois concernant le bien-être des animaux.

En Chine, la plupart des élevages d’animaux à fourrure se sont implantés durant les dix dernières années. Les espèces élevées comprennent le renard roux, le renard arctique, le chien viverrin, le vison et le lapin rex. Selon les sources de l’industrie de la fourrure chinoise, un nombre croissant de commerçants, de stylistes et de manufacturiers ont déplacé leur entreprise vers la Chine, la main-d’œuvre peu coûteuse et l’absence de lois sur le bien-être animal rendant la vie plus facile et les marges bénéficiaires plus importantes.

Le secteur mondial de la fourrure est complexe : les peaux produites par les éleveurs doivent traverser plusieurs frontières et subir diverses étapes de traitement avant d’être acheminées au consommateur. Pour l’année 2004, les statistiques du commerce chinois indiquent un volume net d’importations de 330 millions de dollars US et un volume net d’exportations de deux milliards de dollars US. Zhang Shuhua, président de la China Leather Industry Association, a révélé que les importations de fourrures ont augmenté de 54 % et les exportations de 123 % (!) par rapport à l’année 2003. Plus de 95 % des vêtements en fourrure sont vendus à l’étranger, 80 % des exportations en provenance de Hong-Kong partant pour l’Europe, les États-Unis et le Japon. Selon le rapport de Sandy Parker (21 mars 2005), la Chine a exporté aux États-Unis durant le seul mois de janvier 2005 des garnitures de fourrure totalisant la somme effarante de 1,2 million de dollars US. La variété sans cesse grandissante des produits de l’industrie de la fourrure chinoise comprend : peaux, manteaux complets, accessoires tels qu’écharpes et chapeaux ainsi que garnitures de vêtements, jouets et même des meubles.

Les étiquettes de ces fourrures sont souvent erronées, comme c’est le cas pour la fourrure d’autres animaux ; ces fourrures sont exportées dans différents pays partout dans le monde, y compris vers la France et d’autres pays européens, afin d’être vendues à des clients ignorants.

Une enquête faite au hasard dans des boutiques et des grands magasins de Suisse et de Londres a permis de découvrir des étiquettes « Made in China » sur des vêtements en fourrure de grandes marques.

En Suisse et dans de nombreux pays européens, l’élevage d’animaux à fourrure a été banni pour des raisons humanitaires. Dans toutes les fermes visitées en Chine, les animaux sont traités brutalement et sont confinés dans des batteries de petites cages grillagées. Des signes d’extrême anxiété et des comportements pathologiques ont été systématiquement observés. La mortalité élevée des petits et les infanticides sont d’autres indicateurs des conditions de vie misérables.

Entre novembre et mars, les renards et les chiens viverrins sont vendus, tués, dépiautés et leurs fourrures traitées. Les animaux sont souvent abattus aux abords des marchés de gros, là où les fermiers les apportent pour les vendre et où les grandes sociétés viennent acheter leurs stocks. Pour arriver là, les animaux sont souvent transportés sur de longues distances et dans d’effroyables conditions.

La méthode d’abattage consiste à étourdir l’animal en lui assénant des coups répétés à la tête ou en le balançant sur le sol, tête la première. L’écorchage au couteau commence par le ventre, tandis que l’animal est suspendu par ses pattes arrière à un crochet, la tête en bas. De très nombreux animaux restent pleinement conscients durant ce traitement. Ils luttent désespérément, tentant de se défendre, jusqu’à la fin. Même après que leur peau ait été totalement enlevée, nous avons encore constaté une respiration, des battements de cœur et des mouvements du corps et des paupières, et ce durant cinq à dix minutes.

Ce rapport démontre que les conditions de détention, d’élevage, de transport et d’abattage des animaux servant l’immense industrie chinoise de la fourrure sont inacceptables d’un point de vue vétérinaire et moral. Ces pratiques bafouent le bien-être des animaux et sont à mille lieues des directives de la législation suisse et européenne.

TRAC A IMPRIMER

http://www.fourrure-asie.info/prospectus_A5_recto_verso.pdf

PÉTITION A FAIRE TOURNER

http://www.fourrure-torture.com/petition-anti-fourrure.html

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3 réflexions au sujet de “FOURRURE D’ASIE OU D’AILLEURS”

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