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Déchets en mer: tout reste à faire !

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On connaît le drame des marées noires. Mais une pollution plus insidieuse impacte depuis des années les milieux marins : les déchets.

En effet, la mer a longtemps servi de poubelle mondiale (déchets en mer, épaves coulées, munitions immergées…), sans qu’aucune réglementation ne vienne encadrer ces pratiques. Le Grenelle de la Mer, initié en décembre 2008, a créé un groupe de travail dédié à cette problématique déchets. Parmi, les dossiers prioritaires, celui des macro déchets. C’est un problème sociétal, qui concerne tout le monde. Ce n’est pas une problématique locale, explique François Galgani, chercheur à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer), qui participe au comité opérationnel Déchets. La partie la plus visible de cette pollution est constatée chaque année au travers des plages souillées et des campagnes de nettoyage. Mais ce problème est beaucoup plus vaste et surtout beaucoup plus complexe à résoudre. Si pour l’homme, cette pollution est avant tout visuelle, les grands organismes marins sont victimes d’étouffement à la suite d’ingestions. Les planctons seraient également impactés par la présence de micro déchets (micro plastiques, plastiques en décomposition…).

Une pollution encore mal évaluée

Si la pollution des macro déchets est souvent constatée le long du littoral, ce phénomène n’est pas seulement côtier.

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Les déchets sont transportés par les courants océaniques, et si certains terminent leur course sur les plages, d’autres s’accumulent à la surface des eaux, dans des zones où il y a peu de courant, ou dans les fonds marins.

Il y aurait ainsi selon les estimations, entre la surface et 200 m de profondeur, 150 millions de débris pour la mer du Nord, 50 millions pour le golfe de Gascogne, 175 millions pour le bassin nord-ouest de la Méditerranée et 300 millions pour l’ensemble du bassin et 40 millions pour la mer Adriatique. Des campagnes menées dans le cercle arctique ont montré que l’on y trouvait la même densité de déchets que dans la Manche, soit 0,5 déchets par hectare. Dans certains canyons méditerranéens, on trouve des densités très fortes : 1.500 débris à l’hectare soit l’équivalent de deux terrains de football. Les déchets se concentrent dans des zones de faible turbulence, au large, dans des canyons très profonds, où la dégradation est d’autant plus lente qu’il y a peu d’oxygène et de lumière, note François Galgani.
Concernant les déchets flottants, il n’existe que très peu d’évaluations. Les déchets flottants dans le golfe du Lion, zone la plus touchée, sont estimés à 5,5 millions, avec de plus fortes densités à proximité des grandes métropoles. Pour l’ensemble de la Méditerranée, il s’agit de près de 750 millions de détritus qui circuleraient au gré des courants et des vents. Si la dénomination d’îles de déchets semble excessive, il n’est pas rare de retrouver au large des océans, des étendues de déchets sur 30 à 40 mètres, d’une épaisseur de 3 à 4 mètres.

Les plastiques constituent l’essentiel des macro déchets, de 60 à 95 % selon les sites. Produits en grande quantité, les déchets plastiques sont légers et très mobiles : vents et courants les déplacent constamment. La durée de vie de ces déchets est longue et relativise beaucoup le pouvoir de dégradation attribué à la mer.
La localisation de zones d’abondance, a permis aux chercheurs de l’Ifremer de montrer que les fleuves (à leur embouchure)
et les agglomérations urbaines situées sur le littoral, les zones touristiques ainsi que les navires (navires de commerce et navires de pêche essentiellement) sont responsables de la plupart des apports pour les côtes françaises. Contrairement aux idées reçues, ces déchets proviennent essentiellement de terre et sont drainés, via les bassins versants, vers la mer. Les déchets collectés en mer et sur le littoral sont de provenances diverses : abandons sur le littoral, rejets dans les ports, décharges, activités domestiques, agricoles et industrielles, trafic maritime, résidus de matériel de pêche…

source:
S.FABREGAT

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